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 Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous

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Date d'inscription : 28/09/2016
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MessageSujet: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Dim 9 Oct - 11:43


Même le Diable fut un ange au commencement.






Jolie vue...

J'avais du mal à me rappeler comment j'avais pu arriver sur le toit de la cathédrale. Mais j'y étais, fixant le macadam quelques dizaines de mètres plus bas. J'avais la chance d'avoir une amitié en or, un véritable frère que j'avais retrouvé dans les rues londoniennes. Et ce soir, après un message désespéré, il était venu me retrouver sur ce bâtiment sacré, malgré la hauteur, malgré l'absence d'explications.
J'avais des canines prononcées, du sang le long de la trachée, et les avant-bras semblables à ceux d'un cadavre décharné. Je pouvais même voir mes os sous des lambeaux de chair déchiquetés. L'enflure qui m'avait rendu ainsi avait filé dès qu'elle m'avait ramené parmi les vivants et je me retrouvais à apprendre chaque jour ce que ma nouvelle condition impliquait. En l'occurence, je venais d'apprendre que si je ne dévorais pas d'humains, je commençais à me transformer en carcasse de mort. Même ma joue s'était creusée suffisamment pour laisser apparaître mes molaires et une partie de ma mâchoire. C'était un sentiment bien étrange que de sentir des courants d'air se faufiler jusqu'entre mes os. Mais c'était une sensation pire encore que de savoir que j'avais le choix entre la solitude et cet aspect de défunt.

Frustré, c'est le mot que je cherchais.

Une perpétuelle frustration me gagne chaque fois que le visage de Nina me revient en tête. Je suis frustré parce que je sais que je ne l'aurais jamais. Maudit ou non, je serais toujours beaucoup trop différent d'elle. Avec Juliette, nos vices s'égalaient. Elle s'épanouissait dans la luxure, moi dans la violence. On se complétait dans notre folie réciproque. On avait voulu changer, ensemble, comme toujours. On était devenus meilleurs grâce à la présence de l'autre.

Et elle m'a laissé.

Je ravale ma tristesse, par fierté, par incapacité à interagir avec les autres. Je ne vais pas surenchérir avec ma peine, ni m'estimer heureux quand je ne le suis pas.
Je ressens une vive douleur avant de répondre, dans les bras. Les lacérations que cause ma putréfaction ne me laissent pas aussi indifférent que je l'aurais souhaité. Quoique je fasse, je ne peux qu'endurer.
Ma peine me rend froid et me donne une voix monocorde. Je n'étais pas le seul dans une mauvaise passe et, il fallait se l'avouer, moi je me débrouillais bien mieux seul.
La douleur s'amplifie aussitôt, me forçant à serrer les dents alors que mes os semblent me brûler atrocement. Je place une main sur ma nuque, les doigts crispés par cette sensation qui s'intensifie seconde après seconde. Je laisse échapper un râle rauque. J'étais enfin calme mais cette douleur ravive mon anxiété. Je cligne péniblement des yeux alors que mes pupilles reprennent une taille normale.

J'ai un peu moins l'air mort.

Je fouille dans mes poches pour y trouver des cigarettes et mon zippo gravé. Je lâche un putain de merde entre mes dents alors que j'allume ma clope, laissant le paquet à disposition pour Aldous. Je laisse échapper la première bouffée en faisant un cercle vaporeux avant de soupirer. C'est loin d'apaiser la douleur, mais la nicotine fait presque office de placebo à ce moment.

"Merci d'être venu au fait... Je pensais que tu serait trop occupé à empêcher Gaby de se tuer..."

Je soupire.

Dire qu'on avait manipulé une gamine pour se venger l'un de l'autre. Et maintenant, je me voyais mal la tuer. On finit par s'attacher, même si c'est une vraie plaie de la supporter. Mais elle avait des qualités certaines et surtout, je m'en voulais. C'était aussi pour cette raison que je ne pouvais pas m'imaginer une seule seconde la tuer pour m'en débarrasser. Pourtant j'aurais pu, mais mourir avait fait de moi un homme avec des principes, une seule parole.

Dieu que c'était con.

En parlant de lui, je peux encore sentir son regard inquisiteur sur Aldous et moi, les deux créatures sorties de l'Enfer que nous étions. J'essuie les restants de sang qui persistaient sur le bas de mon visage dans la manche de mon sweat. Je peux sentir les os de mon bras se plaquer contre le tissu en appuyant douloureusement sur les lambeaux de chair. Un bruit osseux se couple à mon geste et me pousse à baisser les yeux vers mes membres décharnés. Ils n'allaient pas tardé à redevenir plus humains mais en attendant, je n'étais qu'une sorte de zombie sans esprit.

"Aldous?" dis-je en détournant mes yeux vides vers mon ami "Ca t'arrive de penser qu'on a mérité tout ce qui nous arrive?... La mort, la solitude, les gueules de démons, tout ça..."




SO WHAT IF I'M SICKER THAN SICK?

You can say that I'm going insane and I'm not quite right and that I'm to blame. You can say that I'm sick on the inside. Bet you don't know I like it that way. You can say whatever you like. If it's so wrong I don't wanna be right!
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MessageSujet: Re: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Dim 9 Oct - 16:44


Même le Diable fut un Ange ...

Aldous & Dante


13 Octobre 2016 - Vers 00h


Il est minuit. Et j'dors pas. J'risque pas d'dormir. Ca fait des plombes qu'la nuit m'empêche d'dormir. Ironique, pour un Démon d'avoir peur du noir. Surement ... Pour c'que ça change. Mon existence a plus aucun sens. Y a pas si longtemps, j'avais un semblant d'stabilité. Et puis tout a explosé quand il a débarqué. Faut croire qu'j'ai pas assez souffert d'mon vivant. J'dois m'traîner une salop'rie d'malédiction d'puis toujours, y a que ça ! Six ans après. Six foutues années d'merde après. Sauf qu'il s'est pas pointé comme ça, la bouche en coeur. Non. Il est mort. Il est mort et il est r'venu aussi. Comme si tout c'bordel était pas assez dur. Quel bordel. Y avait plus rien qui tournait rond. Même cette fille, la foutue gamine d'c't'enculé d'mexicain, elle avait pris dans ma vie, une place de ouf. C'est contre elle qu'j'me r'tourne. Elle était chez moi, c'te s'maine. Dante en avait marre d'l'avoir dans les pattes. Et j'avoue qu'ça m'fait pas d'mal d'plus être tout seul. Elle met un peu d'vie dans c'taudis. Et elle veut pas dormir toute seule, alors elle vient dans mon lit. Uriel s'blottit contre elle et les v'là partis pour une joyeuse partie de ronflade alors qu'j'me fais chier à r'garder l'plafond en pensant à tout c'qui déconne dans ma putain d'vie. Mais c'soir, y a une foutue vibration qui m'sort d'ma torpeur.

Il se penche sur sa table de nuit, roule précautionneusement hors de l'étreinte de Gabriel qui dort enroulée contre lui. Il attrape son téléphone et voit le numéro de Dante s'afficher. Il lit le message et il ne lui faut que quelques secondes pour s'extirper du lit sans réveiller la belle endormie ni le chien, passer un tee-shirt, un sweet et un vieux baggy tout crade, une paire de pompe et une casquette. Dante. Il a besoin de lui. Suffisamment pour être rendu à lui envoyer un message qui parait désespéré. Alors Aldous n'hésite pas une seconde. Il griffonne un mot pour Gabriella et caresse une fois Uriel pour le prévenir de veiller sur elle, avant de s'envoler. La cathédrale, il savait où elle était. Il y mettait jamais les pieds parce que sa mère l'avait vacciné à vie des conneries religieuses que proféraient les habitués du lieu. Sur le toit. Arrivé à tire d'ailes, il reprend sa forme humaine avant de se rapprocher de Dante. Mais il ne ressemblait en rien à son ami. Loin de sa fierté à toute épreuve, de son charisme éblouissant et de sa confiance en lui inébranlable. Il avait l'air d'une loque, la peau verdâtre comme de la chair en putréfaction. Des lambeaux partaient de ses bras, de son visage, dévoilant au creux d'une joue vide l'empreinte de ses dents. Aldous eut une bouffée de tendresse en le voyant ainsi, et il dut se retenir de poser ses mains lui pour sentir la texture de ce corps presque pourri. Il verrait surement ça comme une autre violation de son intimité, et il ne pouvait pas lui faire ça. Pas alors qu'il le sentait si mal.

J'passe d'vant lui. J'sais qu'il m'a entendu arriver, et pourtant, il a l'air au bout du rouleau. J'm'assoie à côté d'lui sans rien dire. J'regarde c'qu'il regarde. Le vide. C'est putain de haut et même si j'ai jamais eu l'vertige, j'avoue qu'ça amène à réfléchir. Lui, il a l'air presque emmuré dans son corps, chaire putréfiée inexpressive bouffée par la tristesse et la peur. J'aime pas l'voir comme ça. Parce qu'd'nous deux, c'est lui l'mec fort. C'est lui l'gars sur qui on peut compter. C'est moi l'barge qui pète un câble, qu'est pas foutu d'faire quoique c'soit comme il faut et qui fout la merde partout. Comment j'fais, si Dante part en couille maint'nant ? J'sors mon paquet d'clopes. Vide. J'serre les dents. Foutue gamine qui m'a encore vidé mon truc sans rien m'dire. A force d'faire sa rebelle et d'tout faire comme Dante et moi, elle a pris des sales habitudes. Heureusement qu'elle a pas encore eu la brillante idée d'toucher à l'héro. Faut dire qu'quand elle est là, j'y touche pas non plus, histoire d'éviter d'lui donner des idées. D'aucun dirait qu'elle a un effet positif sur moi ... Boarf. J'me touche un peu la barbe. J'l'écoute m'parler sans vraiment l'entendre. Parc'que j'me perds un peu dans mes pensées. C'est vraiment pas l'moment d'virer mélancolique. J'me r'tourne vers Dante alors et j'hoche doucement la tête.

"J'sais pas ... Franchement Dante, j'en ai pas la moindre foutue idée. J'étais d'genre à penser qu'l'karma était qu'une putain d'tranche d'merde à la sauce hippie ... Mais avec l'temps qui passe, j'peux pas m'empêcher d'me dire qu'y a quand même une sacrée logique dans tout c'que j'me prends dans la gueule. Alors ... ouais, p't'être qu'dans un sens, on a mérité tout ça ..."

Il voit le paquet de cigarettes posé devant lui et se sert. Craque la pierre du briquet entre ses doigts et esquissent un frisson. Imperceptiblement, ses larges ailes membraneuses et sombres se déplient dans son dos alors qu'il roule le cou, décrispe sa nuque en serrant les dents. Il coince un bâton toxique entre ses lèvres pour aspirer la fumée alors que l'une de ses ailes s'enroulent autour du dos de Dante. Comme si Aldous se savait incapable de le faire avec ses simples bras. La fraîcheur de la nuit tombant sur Londres lui arrache un frisson qui meurt dans sa gorge en remontant le long de sa colonne vertébrale. Il croise les genoux et s'abreuve de la fumée comme si elle lui était indispensable pour vivre. Vivre ... il était on ne peut plus éloigné de ce qui était vivant, en réalité. Il eut un rictus.

"Et t'en fais pas pour Gab, elle dort contre Uriel, et elle ronfle à plein tube. Elle doit roupiller sacrément bien, et tu peux être sûr qu'elle va s'éclater à foutre la merde dans mes affaires d'ici à c'que j'revienne. Mais ... t'sé, c'est normal, qu'j'sois là. 'Fin j'veux dire, t'aurais fait pareil pour moi vieux !"


@ Yuki Shuhime




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MessageSujet: Re: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Lun 10 Oct - 19:04


Même le Diable fut un ange au commencement.






"Ouais... j'aurais fait pareil, ouais..."

En réalité, j'en doutais fortement. Je l'avais laissé tombé comme toute ma vie new-yorkaise, tout ça pour les beaux yeux de Juliette. J'étais sûrement un ami de merde et un égoïste de première. En amour, j'étais un vrai prince charmant, fidèle, loyal, dévoué. En amitié, j'avais encore du mal à comprendre tous les ressorts d'une telle complicité.
En vérité, vous savez, être un amant, c'est l'évidence même. Surtout quand on sait bluffer aussi bien que moi. On enjolive un peu les choses par endroits, on donne ce qu'on l'on souhaite, pas ce que l'on devrait, et on feint une relation inégalable. C'est simple, c'est facile, c'est aussi aisé que de faire une victime. Plus la personne vous aime, plus elle vous confie ses faiblesses. Et bien sûr, plus vous connaissez ses points faibles, et plus vous pouvez tenir son coeur au creux de votre main. Si tant d'histoires d'amour finissent mal, c'est bêtement parce que tout le monde n'est pas capable de maîtriser de tels sentiments comme ils devraient l'être. Contrôler quelqu'un en ayant une influence considérable sur sa vie, ses envies, ses passions, c'est comme posséder un pantin désarticulé. Il suffit de tirer sur la bonne ficelle pour obtenir le résultat escompté.
Onze ans avec Juliette, j'avais eu tout le loisir de trouver sa corde sensible pour en faire mon jouet préféré. Le seul ennui, c'est qu'elle avait finit par trouver mes propres failles et elle savait pertinemment comment les exploiter pour faire de moi tout ce qu'elle voulait.
Quand on est un ami, les choses sont bien différentes. Quand je parlais à ma rouquine, je me devais de faire bonne impression. Je cherche à plaire, à lui plaire, et j'essaye surtout de la rendre, involontairement, dépendante de moi. Je ne pouvais pas suivre le même schéma pour garder un ami. C'était un jeu bien différent et je ne connaissais là ni les règles, ni les pièges. Une partie perdue d'avance. Pourtant, j'étais parvenu à regagner la confiance d'Aldous et notre amitié avait survécu à des années d'éloignement et des cachoteries indescriptibles. Un ami comme lui, je n'en avais qu'un. C'était comme ce frère que je n'avais jamais eu et, même si des différences se creusaient toujours entre nous, je ne me voyais plus vraiment faire un pas pour disparaître de sa vie une fois de plus.

J'aurais fait pareil, finalement.

Parce que je suis fidèle. Parce que je connais mes attaches. Parce que même mort, j'ai des principes.
Je baisse les yeux alors que la fumée de ma cigarette s'échappe par le trou béant dans ma joue, se faufilant entre mes molaires ainsi mises à nu. Mes doigts jouent entre eux dans un étrange bruit d'os qui s'entrechoquent et se rayent les uns contre les autres. Je regarde ce triste spectacle, constatant que malgré bien des péripéties, j'avais gardé un squelette purement humain ainsi que des habitudes de ma précédente vie. J'étais heureux de ne pas avoir à regarder une alliance glisser le long de mes phalanges découvertes. C'était bien là mon dernier souhait que de voir les vestiges de mon mariage brisé faire écho à mon corps en lambeaux.

Un esprit sain dans un corps sain. Tu crois pas si bien dire...

"Je commence à croire qu'il y a quelque chose ou quelqu'un là haut qui s'amuse avec moi. J'ai perdu Juliette, mes gosses, ma vie toute entière, au sens propre en plus. Et maintenant que j'essaye... Que j'essaye de retrouver... Je sais même pas ce que je cherche! Je sais juste que maintenant, c'est à ça que je ressemble si j'arrête de jouer les tueurs en série..."

Cette dualité persistante chez moi, c'était mon plus lourd fardeau. J'étais constamment tiraillé entre mon envie de m'améliorer et mon besoin d'être mauvais. Aujourd'hui plus que jamais, j'avais la preuve que tuer m'était nécessaire si je souhaitais survivre. Mais si je voulais fréquenter Nina à nouveau, je devais arrêter les massacres. c'était un véritable cercle vicieux et quoique je décide, un atroce châtiment m'attendait déjà. Perdre la vie encore, perdre la femme que j'aime à nouveau, comment choisir entre la peste et le choléra? Je ne pouvais pas vivre sans elle mais je ne voulais pas me résoudre à mourir une seconde fois.

"J'ai essayé... J'ai essayé de cesser les meurtres mais si je m'en passe pendant trop longtemps, voilà ce qui m'arrive... Je me transforme en monstre et je meurs à petit feu..."

Je n'avais même pas encore évoqué les raisons de cette décision, mais ma motivation n'était sans doute pas si difficile à deviner. Aldous me connaissait trop bien pour croire que je faisais ça gratuitement ou par bonté d'âme. Nina pouvait continuer de me croire foncièrement bon, elle ne faisait que se bercer d'illusions. Je suis mauvais, égoïste, et froid. Je ne pouvais pas changer ma nature profonde et même avec toute l'aide du monde, je ne pourrais pas devenir quelqu'un de meilleur. Je pouvais seulement limiter les dégâts et enfermer ce qu'il y avait de pire en moi.




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MessageSujet: Re: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Mar 11 Oct - 22:16


Même le Diable fut un Ange ...

Aldous & Dante


13 Octobre 2016 - Vers 00h


Un monstre. Qu'est-c'qu'il veut qu'j'réponde à ça ? Bien sur qu'c'est un monstre. C'est pour ça qu'on s'est r'trouvé et c'est pour ça qu'ça marche si bien entr'nous. Parc'que j'suis un monstre aussi. Qu'est-c'qu'il veut qu'j'y dise ? J'ai même oublié c'que c'est d'être normal, d'avoir des r'mords. La p'tite voix qu'on a dans la tête et qui nous dit d'pas faire d'conneries, moi, elle m'a toujours dit l'inverse. Même avant d'être un Sombre Blanc ou noir, j'ai toujours pris noir. Bien ou mal, j'ai fais mon choix. Ou pas. J'me suis jamais posé la question. J'écoute mes instincts. Mes instincts qui m'poussent toujours à faire d'la merde. J'pense à Nyx. Lui c'était l'inverse. Lui il faisait toujours c'qu'il fallait. J'pose mes yeux sur Dante. Et j'comprends. J'comprends c'qui lui arrive même si il m'l'a pas dit. J'soupire en fourrant mes doigts dans ma barbe. J'le vois tirer sur sa clope et la fumée foutre le camps à travers sa joue, et parler avec une voix triste qu'a rien à voir avec l'Dante qu'je connais. L'mec fier et digne. L'tricheur qu'a toujours une idée derrière l'crâne. Qui fait jamais rien sans rien. Là, j'vois un pauvre type, au bout du rouleau, qui s'dégoûte et s'déteste. J'connais ça. J'connais c'qu'il ressent. C'pas ma condition d'Instance qu'm'a fait ressentir ça. Non, c'est c'que j'étais avant. C'que j'étais quand on s'est connu, Dante et moi. J'soupire encore. Quand t'es accro à un truc qui t'pousse à faire c'qui t'répugne au plus profond d'toi, et qu'ça t'bouffe, ça t'transforme à tel point qu'tu t'reconnais même plus. J'regarde mes bras. J'ai pas b'soin d'voir la peau pour d'viner les milliers d'putains d'cicatrices qu'j'ai partout.

"J'sais. J'sais c'que c'est."

Sa voix se veut rassurante. Aldous se souvient de leur dernière soirée, quand ils se sont retrouvés après leurs vengeances puériles à deux balles, avec Gabriella inconsciente, et que, défoncé, le Sombre avait interrogé son ami sur son corps de mort, sa putréfaction, voulait voir de ses yeux sa décrépitude. Comme un jeu. Parce que tout n'était qu'un jeu, Aldous avait fini par le comprendre. Ils n'étaient tous que des pions sur un grand échiquier et leur volonté, leur libre-arbitre, n'étaient pas grand chose face au dessein des joueurs qui manipulaient les pièces. Il n'avait jamais été croyant, mais il lui fallait bien avouer que son retour d'entre les morts, lui faisait envisager l'existence d'une entité supérieure. Et d'instinct, il avait tendance à croire qu'elle était maléfique. Il soupire en se grattant la barbe. Il est vraiment loin de l'ami idéal, réconfortant et compatissant. Pourtant, il tenait sincèrement à Dante. Il l'aimait comme on aime un frère. Et le voir si misérable, asservi à un tourment tellement plus grand et plus fort que lui, lui faisait mal. Il sent son coeur mort se serrer et il crispe ses mains, contractant les muscles de ses doigts comme s'il se retenait de cogner dans quelque chose. Il ne savait pas comment gérer la situation. Parce que ce que disait Dante était vrai. Parce qu'il avait élucidé le problème. Le résoudre, c'était très différent.

"T'sais Dante. T'pourras pas. T'pourras jamais r'venir en arrière. T'pourras pas r'trouver ta femme et tes gosses, t'pourras pas r'dev'nir vivant. C'est fini. T'sais très bien qu't'as pas l'choix. Qu'c'est l'seul moyen. Je ..."

J'pose ma main sur son avant-bras où les lambeaux de chair se décolle presque à mon contact, où on voit l'os en d'ssous, et les tendons qui r'tiennent c'qu'ils peuvent des muscles à moitié grignoté. C'est dégueulasse et pourtant, j'suis doux. Pour qu'il sache qu'j'vis la même chose, qu'j'suis pareil qu'lui au fond, même si mon corps à moi par pas en miettes. Être dégoûté d'soi même, c'est sur'ment l'pire. Parc'qu'on peut s'éloigner, d'ceux qui nous dégoûtent, d'ceux qui nous font du mal. On peut pas s'barrer d'soi même. Sauf en s'tirant une balle, et encore ... j'suis la preuve qu'ça peut rien résoudre du tout ! J'inspire profondément avant d'me tourner vers mon frère. Il a l'air tellement mal, j'peux pas l'laisser comme ça, j'peux pas. Mais j'ai l'impression d'rien pouvoir faire, qu'tout c'que j'dis, ça fait que aggraver. J'pense à Nyx. A Nyx qui comprend rien quand j'lui parle. A Nyx qui croit jamais c'que j'peux lui dire d'sincère. Et puis j'pense à Gaby. Au contraire, elle, elle boit mes paroles. Alors comment j'fais ? Comment j'fais pour faire comme avec Gaby et pas comme avec Nyx ? Comment j'fais pour par tout foutre en l'air ? J'suis pas né avec l'mode d'emploi d'l'amitié ...

"J'ai ressenti la même chose. T'sais, au début, quand j'me suis barré d'chez mes parents. J'avais qu'16 piges, j'étais qu'un gosse. J'ai commencé la dope. Bah c'est d'venu plus qu'une envie, un besoin, comme tu dis. J'pouvais pas vivre sans. Mon corps était encore plus accro qu'ma putain d'cervelle. Alors fallait qu'j'trouve un moyen. Un moyen d'en avoir. Toujours. Toujours plus. Et c'que j'faisais ... pour en avoir ... ça m'dégoûtait. J'pouvais plus m'regarder en face. Mais j'le f'sais quand même. Parce que .... parc'qu'j'me disais qu'j'avais pas d'autres choix."

Il se force à respirer calmement alors que les souvenirs montent en lui et lui donnent la nausée et l'envie de s'enfoncer une aiguille dans les veines, de presser le piston pour laisser couler l'héroïne. Même mort, il ne s'était jamais guéri de cette soif de drogue, même Sombre, il croyait encore aux pouvoirs de ces paradis artificiels liquides. Mais c'était un autre problème. Surement pas celui de Dante. Celui de personne d'ailleurs, il n'y avait qu'Aldous que ça concernait. Il soupire encore et encore. Sa cigarette c'est consumé sans qu'il n'avale une seule fois la fumée. Comme s'il avait oublier le bâton de poison entre ses lèvres à force de poser ses yeux sur la détresse de Dante et son corps en lambeaux. Que c'est difficile, de parler, de raconter tout ce qui le tourmente, et sans la moindre certitude que ça serve à quoi que ce soit. Pourtant, aidé par le désespoir qu'il lit en son ami, et par cette aigreur qu'il voit dans sa contemplation du vide sous leurs pieds, il persiste.

"Sauf qu'on a toujours l'choix. Moi, j'ai toujours choisi d'faire d'la merde. Toi, pas. T'as choisi d'te barrer du casino pour d'venir un père digne d'ce nom. T'as choisi d'te battre quand ta famille est morte. T'es pas un lâche comme moi, qui s'laisse aller et qui s'rend compte après qu'il aurait du faire autrement. T'as la force d't'en sortir, mec. Vraiment. Y a d'autres moyens qu'de tuer, pour avoir d'la chair humaine. Même si c'est foutrement compliqué. J'suis sur qu'on peut trouver une solution pour p'us qu'tu doives tuer ..."

J'soupire. J'suis tellement mal placé pour lui dire ça. J'suis genre le mec le moins crédible dans l'rôle d'celui qui vante les mérites d'la cure d'désintox. J'y ai jamais foutu les pieds. Surement parc'que, Nyx a raison, j'ai pas vraiment envie d'm'arrêter. Parc'qu'j'suis accro à la mouise encore plus qu'à la came. Parc'qu'j'connais rien d'autre qu'la souffrance, et qu'ça, j'ai appris à la gérer. Et j'm'en suis rendu compte auprès d'Nyx En réalisant qu'j'savais pas c'que c'était d'être normal, d'avoir une relation normale, d'vivre normalement. Quand il m'a dit que tout ce qu'j'étais, au final, c'était qu'une vaste blague. J'me racle la gorge et j'crache par terre. J'me sens amer. J'ai un goût dégueulasse dans la bouche. L'mégot tombe dans l'vide et s'écrase quelque part, plus bas, j'y vois même pas. J'gratte ma barbe en pressant un peu plus ma paume sur le bras d'mon vieux frère.

"T'as rencontré quelqu'un, c'est ça ? Quelqu'un qui t'a fait t'rende compte que c'que tu faisais, c'était mal ?"

@ Yuki Shuhime




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MessageSujet: Re: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Lun 24 Oct - 21:56


Même le Diable fut un ange au commencement.






L'amitié...

Je me sens perdu et pourtant tellement soutenu. Ma solitude se meurt alors qu'Aldous me raconte sa vie, ses déboires. Il avait regardé la souffrance en face lui aussi. Je ne regrettais pas de l'avoir appelé. S'il y avait quelqu'un sur terre qui soit encore capable de comprendre mon état, c'était lui. Le point commun qui me frappe le plus vivement, c'est ce foyer qui n'en est pas un. Aldous avait fuit ses parents comme j'avais fuit mon père. Jeunesse idiote qui souhaite juste échapper à une cage d'amour fictif. Mon paternel n'avait jamais tenté de me retenir, de me faire revenir. Pendant une douzaine d'années, il n'avait vu dans mes yeux que sa femme qui avait fuit. Maintenant adulte, maintenant qu'il était sans doute mort depuis bien longtemps, je voyais les tourments qu'il avait du endurer à cause de moi. Je n'approuvais pas ses choix, mais je pouvais comprendre ce qu'il avait ressenti.
Je sens mes yeux devenir humides, rendant ma vision floue alors que mon meilleur ami parle de moi comme d'un survivant. J'avais fait de bons choix avec Juliette. J'en avais fait de très mauvais sans elle. Et avec Nina... Je retrouvais cette part de moi qui voulait faire le meilleur. Seulement le meilleur. Pourquoi avais-je besoin de cet appui pour changer? Parce que ça m'avait toujours cruellement manqué. J'avais perdu cette voix de la raison qu'on appelle maman et qui est là pour nous remettre sur la bonne voie avec un seul regard inquisiteur. J'avais besoin de cette pression pour changer, pour ne pas entendre la voix de mon père me dire que je n'étais qu'une merde, que quoique je fasse j'aurais pris la mauvaise décision.
Je m'essuie les yeux dans la manche de mon sweat alors qu'Aldous vient de taper dans le mille: j'avais rencontré quelqu'un. Le quelqu'un qui faisait tout basculer subitement.

Une Juliette qui ne l'était pas vraiment.

Sans le vouloir, Nina ramenait en moi cette part de droiture dont je ne m'étais jamais détaché. J'avais commis des erreurs, des tonnes et des tonnes d'erreurs. Mais j'avais toujours gardé une capacité à changer, à fuir une ville pour une autre, une famille pour une autre, une humanité pour... une autre. Je n'avais pas autant déménagé par envie. Je l'avais fait pour un changement. A chaque fois que je fuyais un endroit, je partais loin de cette précédente version de moi pleine d'erreurs et de regrets. Je fuyais pour trouver une nouvelle vie.
J'ai la gorgé nouée, je la sens qui me torture pour que je cède aux larmes qui m'agressent déjà. Je retiens tout, déglutissant pour ravaler la tristesse qui me hante.

Dire que j'avais failli mourir pour de bon...

"Quelqu'un..."

J'entends ma voix dérailler plus encore sous les coups de la mélancolie qui me gagne, je bloque ma respiration avant de craquer sous la pression. je ne voulais pas me permettre de pleurer, pas comme ça, pas dans cet état. Le regard omniprésent de la religion dans ce lieu me juge et me materne en même temps. C'était ça que je voulais, quelqu'un qui soit incapable de m'abandonner.

"Je sais que je fais les mauvais choix... Parce que quand je l'approche... Je meurs à petit feu..."

Je ferme les yeux pour retenir l'eau salée qui gagne mes iris, fronçant mon regard sous les coups de la douleur que me procurait cette confession. J'ai du mal à parler, à penser. Tout s'enflamme.

"Même la regarder ça me fait mal... Sérieux, t'as vu ce que je suis devenu? À côté d'elle... J'ai l'air d'un monstre."

Je répète encore ce terme. Je ne parviens pas à me voir autrement.

"T'as pas idée à quel point ça fait mal d'être à côté d'un ange quand t'es un déchet de l'Enfer..." j'essuie de nouveau mes yeux contre ma manche "Je me suis... brûlé... électrocuté... mutilé... tué... C'est rien en comparaison. Rien."

Je secoue légèrement la tête, comme si je me disais non à moi-même, comme si je me refusais quelque chose. Je reste silencieux quelques secondes, les yeux rivés sur le sol, avant de reprendre la parole. J'ai l'air livide, plus maudit que jamais alors que ma chair en lambeaux me torture lentement et douloureusement. Ma gorge me serre plus que jamais. Je sais que mes prochains mots m'arracheront encore de la tristesse qui se lira dans mes yeux humides.

"Il a fallu que je tombe fou amoureux d'une instance..."




SO WHAT IF I'M SICKER THAN SICK?

You can say that I'm going insane and I'm not quite right and that I'm to blame. You can say that I'm sick on the inside. Bet you don't know I like it that way. You can say whatever you like. If it's so wrong I don't wanna be right!
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MessageSujet: Re: Même le Diable fut un ange au commencement. || Aldous   Mer 2 Nov - 1:21


Même le Diable fut un Ange ...

Aldous & Dante


13 Octobre 2016 - Vers 00h


Une Instance. Une foutue Instance Claire. Après tout c'que l'vieux Dante m'avait sorti quand j'lui ai parlé d'Nyx. "J'les sens pas les Instances Claires, j'suis sûr qu'elles cachent qu'qu'chose, tu d'vrais t'méfier d'ce mec, j'ai pas confiance dans ces Anges". J'ai du mal à pas éclater d'rire. En fait, ça veut pas sortir parc'qu'j'vois comment il lutte pour pas s'effondrer d'vant moi. Foutue fierté à deux balles. C'est au moins un avantage d'la dope, et d'être camé en permanence ... T'as plus aucune fierté. J'le vois qui s'bat contre lui même, contre tout c'qu'il ressent et qui lui tord l'bide. J'le lâche parc'qu'je sens qu'il se sent trop mal, qu'il est sur l'point d'disjoncter. J'ai mal pour lui. Rien qu'pour ça, j'aurais jamais pu être un putain d'Ange ... J'suis pas fais pour la compassion et l'empathie. Dès qu'j'tiens à quelqu'un, si j'souffre avec, j'me laisse bouffer à sa place. Si j'pouvais, j'le f'rais surement. Parc'qu'j'sais pas quoi faire d'autre pour l'aider. Si seulement j'pouvais prendre sa douleur à sa place. Il l'mérite. Il pourrait être heureux. Enfin essayer. Faire un truc avec son Instance, r'commence à zéro. J'ai tendance à croire qu'pour moi c'est foutu, qu'y a pas d'issue positive qui m'attend. Alors, pourquoi pas, après tout. Sauf qu'c'est pas si simple. J'ai pas b'soin qu'il m'explique pour comprendre. J'soupire en pensant à Nyx.

Si un Maudit est une Instance Claire avait du mal à supporter la malfaisance de l'un et la bonté suprême et la dévotion de l'autre, c'était presque la même histoire pour les Instances Claires et les Sombres. Ils étaient toxiques l'un pour l'autre, les Démons contre la Lumière céleste, la vengeance contre le salut, la possession face aux malédictions. Deux faces de la même pièce coexistant sans jamais pouvoir se retrouver. Ainsi était-il voué à endurer son amour chaotique et destructeur pour Nyx, tout comme Dante aspirait à s'abandonner aux doux sentiments pour son Ange. Aldous regarde tour à tour son vieux ami et cette statue oppressante de la Vierge qui les toise tout deux. Il déglutit faiblement en perdant ses doigts dans sa barbe. Ses mains tremblent, comme à chaque fois qu'il est clean. Mais ce soir, il n'a même pas envie d'une dose. Il veut rester. Rester pour Dante. Son regard se perd dans l'abîme ouvert à leurs pieds, il contemple le bitume qui les nargue, eux qui ne peuvent mourir.

"J'imagine très bien ... C'est à peu près pareil pour un Sombre d'rester à côté d'un Clair ... J'te parle même pas d'plus. Quand ..."

J'déglutis. Putain c'est pas facile d'en parler. Surement parc'qu'jusque là, qu'j'l'ai r'vu, j'en ai parlé à personne. Parc'que j'savais pas quoi dire, pas quoi penser d'c'qui s'était passé. J'avais plus beaucoup d'espoir, et pourtant. Pourtant, j'arrivais pas à r'noncer à lui. C'était trop dur. Son visage m'hante autant qu'avant. J'suis même avide d'sa putain d'lumière qui m'grille la chair comme un foutu rayon d'la mort. Plus j'regarde Dante, plus j'pense à c'que j'vais lui dire, plus j'me sens sur l'point d'craquer avec lui. J'détourne l'regard un peu. Parc'que j'le vois qui lutte d'plus en plus, ravalant ses larmes alors qu'elles lui brûlent de plus en plus les yeux. Parc'qu'j'sens qu'mes propres peurs m'éclatent à la gueule, qu'j'ai les mêmes angoisses au fond d'moi. Des putains d'remords qui m'tournent en boucle dans l'crâne parc'qu'j'sais qu'si Nyx v'nait à apprendre c'que j'ai fais, un jour, j'le perdrais. Pour toujours. Et ça fait mal. Mal d'pas pouvoir être soi même. Mal d'd'voir choisir entre l'amour, et c'qu'on veut au plus profond d'soi. D'se dire qu'celui qu'on aime, nous accep'tra jamais tel qu'on est. J'serre les dents et j'contracte encore les muscles d'mes doigts. J'ai des crampes dans les poignets, ça m'lance et en même temps ça m'démange d'cogner. Dans la gueule torchée d'miséricorde d'la Vierge qui nous toise. Pour éclater l'marbre quitte à m'briser toutes les phalanges. Ou au moins, essayer.

"Quand j'suis partie d'chez toi, l'soir d'la coupure d'courant, en rentrant. J'ai ... Enfin j'l'ai vu. J'veux dire qu'il était là. Il a tout d'suite pigé. Et moi aussi. J'ai su à la minute où j'ai croisé son r'gard, qu'ce s'rait plus jamais pareil. Pas parc'qu'j'me suis taillé d'chez lui comme un putain d'lâche en balançant une pauvre excuse à deux balles. Non ... Parc'qu'lui, c'est une putain d'Ange et moi un connard de Démon. Et qu'on s'fait du mal l'un à l'autre, simplement en s'tenant à côté l'un d'l'autre. Simplement parc'qu'on est c'qu'l'on est."

Il a des perles salées qui débordent de ses yeux cernés comme jamais, qui brillent d'un éclat anormale. Il sent monter en lui la rage amère d'un passé déchu qui ne sera plus jamais, d'une erreur commise qu'il ne pourra jamais réparé, de regrets qu'il a d'avoir été trop con pour assumer ses sentiments. Et parce qu'il sait cette souffrance, parce qu'il la dégueule par ses pupilles débordant de rancoeur et de peine, il refuse que son frère vive la même chose. Il ne veut pas le retrouver un jour, aussi minable qu'Aldous l'était en cet instant, exsangue du moindre espoir de rédemption, de la moindre chance de bonheur, persuadé au plus profond de lui même qu'il n'aura le droit qu'à ce qu'il avait aujourd'hui. Qu'à ce qu'il était maintenant et à jamais. Un monstre. Il laisse couler ses larmes parc'qu'il n'a pas la force ni l'envie de les retenir, et il renifle faiblement en calant les mèches blondes qui lui tombent devant les yeux, derrière ses oreilles. Il pose son regard triste sur son ami.

"T'sais Dante, t'es p't'être un monstre, mais t'as encore la possibilité d'changer. T'peux faire c'qu'il faut pour elle. T'peux abandonner c'côté obscur. T'es pas condamné à faire ça. Si t'as la force en toi, et j'sais qu'tu l'as, t'y arriveras. Et tu s'rais heureux d'nouveau. Et t'aimeras d'nouveau. Alors, vas y mec, qu'est-c'que t'attend ? R'deviens l'type droit dans ses bottes qu'est prêt à tout pour c'qui compte vraiment à ses yeux. Fais le. Pour elle. Pour toi ..."

Et ses derniers mots meurent dans un sanglot rauque qui les avalent presque entièrement.

"Pour moi ... parc'qu'moi, j'pourrais jamais m'en sortir. Jamais."

@ Yuki Shuhime




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