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 Heathcliff Armand Lovecraft - Le Mithridatiseur

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Date d'inscription : 06/12/2015
Messages : 37
Points RP : 778

Région : Ecosse
Métier : Artiste Peintre
Force Magique : Matière
Pouvoirs : Manipulation du Son
MessageSujet: Heathcliff Armand Lovecraft - Le Mithridatiseur   Sam 1 Oct - 2:40


Heathcliff Armand Lovecraft

Gardeners feat Marilyn Manson


Identité

Prénom & Nom : Lovecraft - Le créateur d'amour. Etrange patronyme pour un homme si étrangement repoussant. Et qui cultive sa disharmonie pour transcender l'enivrante idée d'une finitude qui possède chacun de ses actes et qui fait écho, dans le silence, à l'horreur absolue d'un abysse sans fond, du néant sans aucun espoir de lendemain. Heathcliff, Armand - Deux nationalités que ses parents lui offrirent en présent de baptême. Un illustre aristocrate de lignée britannique porté sur les affaires et une espiègle danseuse burlesque parisienne dont il illustre si atypiquement l'union et l'amour inconditionnel qui les amenèrent à annihiler ensemble leur peur de la mort, reposant à jamais dans un caveau conjugal.

Date de Naissance : 1 Janvier 1976. Un siècle à l'aube d'une décadence programmée par une époque trop gourmande, une année qui nait dans l'écrin glacé d'un hiver rigoureux. Le hurlement déchirant des entrailles qui s'ouvrent pour laisser une mèche de cheveux noire portée au monde l'innocence d'un être nouveau. Quatre décennies à arpenter une terre mu par l'unique force de l'astre lunaire qui dépose sur son corps ses rayons d'opale. A la lumière diffuse de cette large perle, il contemple la fuite inexorable d'un temps filandreux que ses longs doigts d'araignées cherche sans cesse à capturer.

Lieu de Naissance : Paris. Français et Britannique s'amourachent, le délice tentateur d'un interdit miroitant derrière un paravent de soie, dans le froufrou diffus des jupons de tulle des robes de danseuses de cabaret, bercés de cette fontaine de Jouvence aux fines bulles pétillantes qui enivre et fait perdre la raison.

Ville de Résidence : Edimburgh. Lord ; titre hérité autant que mérité, digne successeur d'un père parti trop tôt et récompense d'un art dérangeant, provocateur au coeur des traditions britanniques. Il n'y renoncera jamais même s'il vit dans son manoir en Ecosse depuis presque vingt ans, loin de la capitale londonienne.

Situation Maritale : En couple avec une instance sombre.

Force Magique : Matière. Un murmure au loin, un bruissement diffus. Le bruit étouffé de pas s'approchant sans cesse, le tissu qu'on foule alors que le velours nappe une silhouette sombre. Il se tient droit, toujours, face à l'inconnu qui s'étend partout. Son regard asymétrique se perd dans une vision trouble, floue, image altérée, déformée d'une réalité qu'il perçoit si différemment. Un ballet langoureux, une chorégraphie chaloupée, d'une myriade de sons qui dévorent son esprit.

Catalyseur : Ses doigts.  Il ne voit pas le monde, il entend le monde. Chaque fibre de son corps vibre, chaque cellule entre en communion avec l'onde qui le parcourt et le pénètre. La découvrir, la capturer, la modifier à son gré, tel est le don qui lui a été offert. Manipulation céleste de ce qui est le plus envoûtant, ce sont ses doigts qui canalise son pouvoir et commande au son.

Spécialité Magique : Manipulation du son. Le silence mu par l'aube qui chasse la moiteur apaisante de l'obscurité. Le calme avant la déferlante solaire qui brûle sa peau d'albâtre. L'angoisse absolue d'une existence sans autre fondement que d'entendre à l'infini résonné le tintement cristallin du mercure en fusion qui, goutte après goutte, abandonne sa robe satinée d'argent pour se noyer dans la chatoyance sépulcrale du métal le plus précieux. L'or.

Affinités : Instances, Immortels, Maîtres.
Inimités : Primitifs, Maudits.
Membre du Conseil : Non



Description

Le Mithridatiseur. Un pseudonyme. Le nom d'un artiste. La couleur de son âme qui se reflète dans la matière de ses toiles. Un poison vil sous couvert d'un charisme inquiétant. Un poison qui s'infiltre partout et intoxique doucement. Un poison auprès duquel le désir nous pousse et dont la raison ne parvient pas à nous éloigner. Un poison lent, perfide, qui se cache derrière l'attrait malfaisant d'un visage difforme, dissymétrique et qui pourtant captive. Un poison comme un serpent, qui enlace et sert, délicatement d'abord, puis emprisonne dans une étreinte mortelle. Un poison qui contamine même son porteur, assujetti à son propre venin. Un poison tout sucre et miel, déguisé par la curiosité qui l'emballe comme un intriguant papier cadeau. Un poison comme une araignée, aux longues pattes sombres qui se glissent partout telles d'insolentes métastases qui prolifèrent sans fin. Un poison qui rend sa vie impossible mais produit par sa seule volonté. Mélange de soufre maléfique et de mercure dégoulinant, de plomb lourd, sombre, pesant et d'or fin, magnifique et captivant. Alliage subtil des métaux, des matières, qui vibrent aux sons de son âme. Transmutation progressive du poison devenant élixir de longue vie.


Heathcliff est un homme compliqué, une énigme pour beaucoup de ceux qui croisent son chemin. Son passé le hante tellement qu'il empoisonne son présent et décompose peu à peu son avenir. Il ne se projette que très peu et ne prévoit pas grand chose. Il n'a aucun plan, aucun objectif de vie à part retrouver sa fille. Ceux qui croisent son regard asymétrique comprennent rapidement que cet homme atypique cache beaucoup plus que ne dévoile son look surprenant. Ni misanthrope ni particulièrement sociable, il est doté d'une grande tolérance qu'il ne perçoit pas comme une qualité mais quelque chose de tout à fait normal. Il est capable d'aimer et de s'investir très fort dans une relation, mais le chat échaudé craint l'eau froide et il faudra beaucoup de patience pour pouvoir l'apprivoiser. Mais lorsqu'il est attaché, Heathcliff est d'une loyauté sans borne. Son principal défaut reste son esprit taciturne, plutôt pessimiste, qui peut facilement épuiser toute personne désireuse de le voir sourire. Il a tendance à croire qu'il ne mérite que la solitude qu'il s'est créée au court du temps, rompant avec la vie en société pour se plonger dans ses introspections défaitistes de culpabilité. Sa peinture est son seul vecteur vers le monde surtout depuis qu'il donne également des cours à l'école des Beaux Arts en peinture contemporaine. Malgré tout, il est de contact facile et abordable, ce qui est plus compliqué, c'est de se lier sincèrement à lui.



Choses et Autres

Métier : Artiste peintre & professeur aux Beaux Arts. L'harmonie des couleurs qui s'entremêlent dans la chorégraphie velouté du pinceau sur la toile. Le bruissement de la matière qui s'unit à la matière pour se fondre l'une dans l'autre. La création éphémère qui se fige avec le temps qui passe pour conserver dans une fine couche craquelée, l'émotion et l'intensité qui ont animé son bras et embrasé son coeur.

Orientation sexuelle : Bisexuel. La flamme s'embrase pour l'union des âmes. Le corps n'est que le vecteur charnel du désir. La rondeur des seins d'une femme éveille ses sens aussi bien que la croupe au fessier rebondis d'un beau mâle. C'est dans le regard de l'autre qui plonge ses yeux vairons pour rechercher une reconnaissance qu'il n'a même plus envers lui même et une fierté autrefois si présente et aujourd'hui presque évanouie. Et c'est dans les puits d'âmes d'un homme qu'il a plongé et c'est son corps viril contre lequel il se tend chaque jour d'un émoi presque adolescent tant il semble léger, d'une intensité presque centenaire tant il est profond.

Capacités magiques : Heathcliff est capable notamment d'amplifier et de diminuer les sons en remuant ses doigts, et également d'en créer lui même en créant des ondes en vibrations qui sont perçues par des sons. Son pouvoir lui permet aussi une plus grande acuité auditive, ce qui explique qu'il entende même des fréquences inhabituelles pour les humains s'il se concentre bien. Heathcliff s'intéresse peu à son pouvoir personnel, il s'en sert uniquement pour son confort et plaisir personnel, et très rarement face à autrui. Non violent par nature, il lui semble impensable d'utiliser son don contre quelqu'un, hormis s'il était en réel danger ou pour protéger quelqu'un de cher.

Peurs : Une hantise, une peur dévorante qui dépèce son corps comme une bactérie dévoreuse de chair.  Le temps qui passe, qui s'écoule inexorablement et qui s'en fuit. Tempus Fugit. L'amère perte que l'on ne peut rattraper, l'inévitable auquel l'on ne peut se soustraire. Et même si son temps est plus long et même s'il connait le privilège de longue vie, un jour, cette chasseresse vengeresse le retrouvera et le fera sien. Et si autrefois, il désira plus que tout son contact, si la frôler l’enivrait, aujourd'hui il la redoute plus que tout autre, aujourd'hui il la craint et n'espère que de parvenir sinon à la vaincre, au moins à lui échapper assez longtemps pour qu'elle l'oublie. La mort. Heathcliff redoute tout ce qui a trait à son passé. Il a peur de la mort, du temps qui passe, du suicide, de tous les travers autodestructeurs dans lesquels il est tombé plus jeune.

Regrets : Et dans son ombre tapie, instable et incertaine, la silhouette floue de celle qu'il n'a jamais connu se dessine. Elle se fait de plus en plus claire alors qu'il s'approche de son corps en volute de fumée. Intangible spectre du passé, elle prend vie devant ses yeux. Et son visage lui ressemble, sa voix lui ressemble, son regard aux iris asymétriques lui ressemble. Il se voit à travers elle, et la peur ceint ses entrailles. Les murmures inaudibles s'affinent, et il distingue ses reproches. Abandonnée, bafouée, anéantie. Les morts fusent et plantent en son coeur autant de lames de rasoir acéré. Et au réveil lorsqu'en sursaut il réalise qu'elle est là, quelque part, ruminant sans doute une vengeance méritée. Et dans sa panique, c'est la culpabilité qui croit en lui jusqu'à le broyer complètement dans son étreinte meurtrière. Sa fille.

Familles : Caramel. Un nom idiot. Sauf pour une danseuse de cabaret à Paris où l'amer sucrerie qui colle aux dents s'épanouie comme un bouton de rose en pleine éclosion. Femme des années folles, femme de la libération, femme d'un temps nouveau. C'était Carole, son véritable prénom. Mais pour lui, elle n'était que Maman. Alors lorsque celle pour qui son coeur a pu autrefois battre la chamade lui a annoncé qu'elle portait sa fille au creux de ses entrailles, il voulut l'appeler Caroline. Si sa compagne ne s'était pas un jour enfuie sans que ne résonne son timbre éraillée pour lui murmurer une excuse, elle se serait appeler Caroline. Où est-elle, qu'est-elle devenue, humaine ou héritière d'un père inconnu ? Est-elle seulement ... en vie ?



Histoire

Un bruissement. Tout a commencé dans un bruissement. La naissance du monde, et la sienne. Le levé du soleil à l'aube et son déclin au crépuscule. Toute cette vie commence et se termine dans une myriade de bruissements. Éphémères, extatiques, envoûtants, dérangeants. Il n'y a que le silence qui signe réellement la fin. Le silence est la mort.

Ton regard se pose sur une toile blanche. Sa lumière et sa vacuité t'éblouie et tu plisses les yeux. Deux orbes asymétriques qui ont toujours souffert de la lueur opaline du jour. D'ailleurs, tu peins presque toujours sur du lin noir, ton pinceau seul maître des couleurs lui apportant l'étincelle de l'existence. Tu peins aussi souvent les yeux clos, laissant aux bruissements qui t'entourent le soin de guider tes gestes. Mais ce soir l'inspiration n'est pas là et les coups de crayon que tu griffonnes sur ta toile, esquisse d'une hantise sans nom tapie dans ta mémoire, ne prendront pas vie. Un néant proche de l'écho de ton âme vide et creuse comme une coquille, sans substance autre que la souffrance et le deuil.

Encore une nuit de mélancolie, où le souvenir brise la porte d'une cage sombre que ton esprit a construit autour de l'image souriante de deux alchimistes sur une photo de famille. Un morceau de parchemin roussi par la magie et terni par le temps où se tiennent deux âmes défuntes, enlacées autour de leur héritier. Un instantané qui s'ancre tellement en toi, que tu es presque parvenu à tout oublier. Tout à part ça. Pourtant, la photo, tu l'as détruite. Il y a très longtemps. De rage ou de désespoir, tu ne te rappelles plus. Et même si elle n'existe plus, sa matière, les atomes qui la composait autrefois, gravitent encore autour de toi pour te prouver que jamais rien ne s'efface vraiment. Même ce que tu cherches à chasser de ton coeur meurtri. Même au profit des bons souvenirs. Les rares instants de bonheur noyés sous la chape de mercure en fusion d'un homme seul qui fuit autant qu'il désire, sa propre solitude.

Les secondes s'égrainent et rien ne semble te donner l'envie. L'envie de peindre, l'envie de ressentir, l'envie de vivre. Le poids d'un lourd passé rejoint celui d'un pendentif à ton cou. Une clef de cuivre, finement ouvragée. Elle ouvre le coffre. Mais ... Non, pas ce soir. Le trouble que trémulent tes organes et tremblent tes doigts est trop fort, trop impétueux pour te permettre la Maîtrise. Le contrôle est ce qui compte le plus, disait-il de sa voix rauque et caverneuse. Et elle lui ajoutait dans un soupire tendre que l'émotion aussi était fondamentale. Souffrance mortifère et angoisse incoercible, jamais tu ne parviendrais à l'Oeuvre ce soir. Tu ne ferais pas avancer tes travaux, pire encore tu risquerais de perdre tes précieuses acquisitions. Les seules certitudes d'une conscience évaporée dans une vie qui te dépasse. Une course effrénée contre un temps toujours plus sournois qui semble te poursuivre avec son sourire goguenard.

Les heures passent et ton regard étrange ne tressaille même plus. Ton esprit s'est perdu dans les limbes d'un rêve éveillé. La réalité s'estompe pour un sommeil taciturne et traître qui te fait croire qu'il est vrai. Tu t'abandonnes malgré toi car le repos t'appelles et quelque part en toi, tu l'implores. Une fin à ton tourment. Comme si une entité supérieure clémente pouvait te l'offrir. Foutaises illusoires. Les brumes télescopes tes sens et ta vue se bouche comme ton ouïe se brouille. L'angoisse diffuse dans tes veines et se répand dans chacun de tes organes comme le nocif poison dévoreur de chair. Un monstre d'ombre et de lumière qui laisse éclater sa malfaisance à peine tes paupières closes. Le silence et l'obscurité te bouscule et ton corps malmené s'échappe du temps présent pour s'insinuer dans un souvenir.


La nuit tombe et tout s'obscurcit. Seul un fin rayon laiteux d'opale éclaire le ciel d'encre. Et les lueurs tamisées de l'éclairage publique grésillant et terne. Une ruelle si sale et si sombre qu'elle semble tout droit sortie d'un film d'épouvante. Et le frisson qui se dresse sur son échine alors que de son pas lent, mesuré et calme, il laisse les amples volutes de sa cape de velours border sa démarche jusqu'à l'entrée crasseuse d'un bar. Un bouge des plus dégueulasses, qui réunit dans un joyeux et fascinant brouhaha, la lie de ce que le monde contient de plus ignobles. La bonté est nue face aux ténèbres, l'écho d'un rire gras d'une lubricité sans égal démontrant sans mal l'anti-poésie du lieu.

Sa silhouette immense est loin de passer inaperçu mais pourtant, il ne trouble pas l'anarchie manifeste qui règne là. Il doit presque se baisser pour ne pas heurter le haut du bar et se recroqueviller comme une araignée pour s’asseoir sur un tabouret haut. Les pans de tissu frappent lourdement le bois reconstitué du siège dans un rassurant battement de métronome. Il soupire et commande d'une voix basse très rauque. Selon un rituel bien huilé, le tolier dépose la cuillère en équilibre au dessus d'un verre très échancré, de son doigts taché il ajoute un morceau de sucre -brun, il a toujours voulu du sucre brun, l'arôme n'en est que plus intense- et fait couler le nectar amarante dans un glouglou qui étanche déjà sa soif. Il glisse un billet sur le comptoir et quitte instantanément le bar, emportant son verre dans l'immensité pleine et ronde d'une nuit de quart de lune.

Adossé à un vieux mur de brique couvert de suie, il contemple la fuite du temps à travers un oeil troublé. De ses longs doigts d'arachnide, il joue d'un clavier imaginaire, sentant les vibrations autour de lui s'intensifier puis s'estomper, et croître à nouveau à mesure qu'il entonne cette étrange et silencieuse mélodie. Bientôt,il n'entend plus la clameur du bar et ne perçoit que le coulis du fleuve, lointain mais pourtant amplifier comme s'il coulait à ses pieds. Une sorte de paix envahit son coeur et ses paupières se ferment alors que la liqueur de folie tapisse sa gorge pâle. Il ne voit pas l'homme qui entre pétri de fureur, pas plus qu'il n'entend la bagarre qui éclate à l'étage.

C'est la détonation brusque de deux coups de feu et la lourde chute d'un homme à la nuque rompue qui le sort de sa torpeur. Son regard asymétrique écarquillé, son ivresse recule au profit d'une réalité douloureuse. Ses gestes sont rendus encore plus lents et mécaniques que d'ordinaire, l'absinthe se mêlant à l'adrénaline dans son sang pollué d'opium. Il croise un instant le regard de la chose qui détruit tout ce qui l'entoure. Son esprit ouaté est comme enlacé dans un coton psychotrope protecteur. Le seul moyen d'oublier le monde et peut être aussi de tutoyer la mort qu'il redoute autant qu'il la provoque. Le seul moment où la hantise du souvenir est gommée par le flux brûlant qui ravage ses entrailles et le poison qui court dans ses veines à la faveur de l'astre de la nuit. Le temps se fige alors qu'en lui il défile. Une existence si brève et toute cette substance, toute cette matière gâchée, annihilée par des pulsions mortifères le poussant à l'autodestruction.

L'impact est violent. Aussi brutal et révélateur que l'explosion de la vitrine contre laquelle son corps immense vient s'encastrer. Le bris du verre en un milliard d'éclats redevenus poussière en un instant. Et le silence lourd qui suit. Le regard de folie meurtrière de la chose. Et ce vide extatique dans ce coeur jeune et froid qui bat dans sa poitrine. Un battement rapide, mu par les hormones qui dopent son système endocrinien. Et la vérité toute nue dans les yeux de la chose. Il contemple dans son cristallin le reflet pâle de ce corps désarticulé dans la pénombre et le relent inaliénable de sa propre finitude ...

Ton corps baigne dans la moiteur quand dans un sursaut tu t'éveilles. La douceur caressante de la mélancolie a disparu au profit de la terreur pure que t'inspire aujourd'hui encore la forme satanique qui t'est apparue cette nuit là. Une nuit qui fit de toi l'homme que tu es aujourd'hui, te débarrassant du jeune garçon insouciant qui commandait à ton âme de pantin sans maître de se brûler les ailes. La cire d'une bougie dont la flamme a rongé la mèche jusqu'à la liesse coule sur tes doigts et tu n'en ressens même pas la chaleur. Seul le crépitement qui finit par s'étouffer lentement et mourir te fait inspirer profondément. Une fièvre incandescente bouillonne dans tes veines, une furieuse envie de vivre qui prend le dessus sur tout le reste. Balayés les doutes, anéantie la faiblesse qui faisait de toi l'esclave d'ombres du passé. Dans la douce naissance du jour, tu t'empares d'un pinceau et dans un mouvement aussi libérateur qu'instinctif, tu jettes sur cette toile vierge, la première éjaculation de matière pure que crache tes entrailles !

Et la matière prend forme. Un visage qu'on distingue dans les jeux de textures qui se chevauchent et se mêlent sous la frénésie de tes gestes. Un visage flou, inconnu et lointain que l'on devine par delà les volutes de peintures qui recouvrent la blancheur virginale de la toile. Tu extirpes des émois de ton coeur vivant, les reliefs de ce visage dont tu ignores tout. Tes lèvres se fendent et ta bouche énorme s'ouvre sur un murmure dont l'écho est amplifié par les mouvements de tes doigts. Un prénom dont la mélodie résonne dans le silence de l'aube. Un prénom qui ne désigne qu'un esprit immatériel, fabriqué de toute pièce par l'imagination onirique, mue d'une culpabilité sans borne. Création enfantée de l'art reflétant la vie née autrefois d'un fougueux ballet de reins et aussitôt dissipée dans le néant de l'innocence. Un départ qui a broyé ton âme dans un étaux de remords et de regrets, un adieu avant même d'avoir pu l'accueillir entre tes bras. Caroline.

Tu ignores son prénom, tu ignores si elle est en vie, tu ignores si elle porte l'héritage de ton sang et si elle partage les dons de ta race, tu ignores où elle se trouve et qui elle est devenue. Tu sais juste qu'aujourd'hui est le jour où elle a fêté son quatorzième anniversaire. Et tu sais qu'aujourd'hui comme tous les jours, tu ne peux être à ses côtés pour partager son existence. Par lâcheté. Dans un crissement, le pinceau racle la toile pour ajouter la touche finale. Une silhouette lointaine, inatteignable et floue. Un visage au regard asymétrique, à la bouche énorme et au teint blafard encadré de longs cheveux noirs. Une expression de haine vengeresse hargneuse qui te fixe et t'oblige à détourner le regard. Elle est le gibet d'où ta potence te contemple, lorgnant sur ton coeur noyé dans la culpabilité pour l'entourer, le moment venu, de la corde salvatrice de la rédemption !


1 Janvier 1976 : Naissance à Paris.
1976 - 1986 : Enfance à Paris.
1986 - 1990 : Retour au Manoir à Londres.
31 Octobre 1990 : Décès par suicide des parents Lovecraft
1990 - 1999 : Déchéance et Autodestruction en France.
2000 : Emménagement dans le Manoir familial écossais.
2001 : Rencontre avec son épouse et mariage.
25 Mars 2002 : Départ de son épouse, enceinte.
19 Octobre 2010 : Ouverture de la galerie (s)Ain't à Edimburgh.
Septembre 2012 : Début de l'enseignement aux Beaux Arts.




Joueur

Que dire ? J'ai 24 ans (pouah ça me rajeunit pas cette affaire) et je suis étudiante en quatrième année de médecine. Je suis une passionnée d'art en général, la littérature anglais du XVIIIème et XIXème et française du XXème, l'écriture, la musique Métal, la peinture surtout flamande et néerlandaise, l'architecture antique, celte et pré-colombienne et un peu tout le reste. Je suis une grosse fan d'ésotérisme, de l'univers GEEK que ce soit film, série, jeux vidéos. Voila

@ Yuki Shuhime





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Date d'inscription : 28/09/2016
Messages : 53
Points RP : 485

Région : Angleterre.
Métier : Propriétaire du Blue Devil.
MessageSujet: Re: Heathcliff Armand Lovecraft - Le Mithridatiseur   Dim 2 Oct - 14:53


Félicitations Heath !

Bienvenue parmi les Gardeners


Tu es validé !!

Je t'en ai déjà parlé donc je pense que ça va très bien se passer avec Heathounet sur le fo.


Après ta validation, tu vas devoir suivre le périple de l'initiation : tu verras, grâce à la petite fiche que tu as rempli pour signaler ta fiche terminée, tu seras recenser partout d'un coup, pratique non ? Alors ensuite ?

Et bien ta fiche sera déplacée dans un dossier spécial à ton nom, dans le forum de ta race, dans lequel tu pourras ouvrir ta fiche de lien (tu as un modèle à disposition là) et ta chronologie de RP (tu as un modèle à disposition ici aussi).

Tu peux après t'amuser comme bon te semble : ouvrir un rp, participer au flood, nous rejoindre sur la chatbox, ou encore. Enfin, tu peux demander l'ouverture d'une section privée (métier, logement, ce que tu veux) ou alors réclamer des liens et/ou des rps.

Si tu as le moindre soucis, hésite pas à contacter le staff :

@ Yuki Shuhime


SO WHAT IF I'M SICKER THAN SICK?

You can say that I'm going insane and I'm not quite right and that I'm to blame. You can say that I'm sick on the inside. Bet you don't know I like it that way. You can say whatever you like. If it's so wrong I don't wanna be right!
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